Choisir

La contraception

L'ensemble des méthodes, naturelles ou non, visant à empêcher une grossesse non désirée de façon réversible — à adapter à chaque personne et à chaque moment de sa vie.

Article rédigé par le CNGOF à vocation d'information. Il ne saurait se substituer à un suivi régulier chez un gynécologue, seul gage de réponses personnalisées et adaptées.
Les méthodes

La contraception correspond à l'ensemble des méthodes (naturelles ou non) visant à empêcher une grossesse non désirée et de façon réversible. La contraception doit être adaptée à chaque personne, à chaque moment de sa vie. Avant une prescription, toutes les méthodes devront être envisagées afin de choisir celle qui conviendra le mieux : celle qui entraînera le moins de contrainte, qui sera la plus efficace possible, en respectant les contre-indications éventuelles. L'efficacité de ces méthodes sera bonne si l'on respecte les conditions d'utilisation. Il est important de réduire au maximum le risque d'IVG, car les IVG peuvent avoir de graves conséquences psychologiques.

Il existe une grande diversité de possibilités. En termes de fréquence, vers 18 ans, la contraception orale est la plus suivie, sachant qu'il n'y a pas de contre-indication à la pose d'un stérilet (par prudence, on vérifiera l'absence de chlamydia dans le col avant la pose). Vient ensuite la période entre les grossesses ou après les maternités, où la demande de dispositif intra-utérin (DIU) est la plus fréquente. Chez les fumeuses au-delà de 35 ans, la contraception proposée sera un DIU au cuivre ou à la progestérone, ou une pilule progestative, car les risques cardiovasculaires liés à l'association pilule œstroprogestative-tabac deviennent trop importants. Chez les femmes au-delà de 45 ans non fumeuses, on pourra faire les mêmes propositions, sachant que la prescription de pilules œstroprogestatives est possible en fonction de l'état de santé.

La pilule

Les pilules sont composées d'hormones de synthèse : les œstrogènes et les progestatifs. Il existe deux types de pilules : les pilules œstroprogestatives (composées de ces deux hormones) et les pilules progestatives (composées uniquement d'un progestatif de synthèse).

Mode d'action

Pour les pilules œstroprogestatives, elles agissent à plusieurs niveaux : elles bloquent l'ovulation ; elles modifient la muqueuse utérine en la rendant plus fine, empêchant la nidation ; elles modifient la glaire en la rendant plus épaisse pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col. Pour les pilules progestatives, l'action se fait sur la modification de la muqueuse utérine et de la glaire ; le blocage de l'ovulation dépend du progestatif utilisé.

Efficacité

L'efficacité des pilules œstroprogestatives est de plus de 99 % lorsque le premier comprimé de la première plaquette est pris au plus tard le 3e jour du cycle ; la protection démarre immédiatement. Pour la pilule progestative, elle est commencée le 1er jour des règles et doit être prise à heure fixe de façon encore plus précise.

Nombre de comprimés par plaquette

Un grand nombre de pilules œstroprogestatives fonctionnent ainsi : un comprimé par jour (à heure fixe) pendant 21 jours, puis 7 jours sans pilule. Il existe aussi des pilules à 28 comprimés, comprenant des comprimés « actifs » (hormones) et quelques comprimés « inactifs » (placebos) : 21+7, 24+4 ou 26+2. Ces pilules « en continu » sont aussi efficaces. Les pilules progestatives contiennent toutes 28 comprimés actifs et se prennent toujours en continu.

Reprise ou première prise

Si vous n'avez jamais pris la pilule ou si vous l'avez interrompue plusieurs mois : commencez le 1er comprimé le 1er jour des règles, puis chaque jour au même moment. Pour les pilules à 21 comprimés, faites 7 jours d'arrêt après le dernier comprimé ; les règles surviennent en moyenne 2 à 3 jours après. Redémarrez une nouvelle plaquette au 8e jour, que les règles soient terminées ou non. Pour les pilules à 28 comprimés, il n'y a jamais d'arrêt entre deux plaquettes. On est protégée pendant les 7 jours d'arrêt si la pilule est bien prise à heure régulière.

Le Quick Start permet de débuter sa pilule n'importe quand : il faut être sûre de ne pas être enceinte (faire un test au moindre doute) et prendre des précautions supplémentaires (préservatifs) pendant les 7 premiers jours.

Décalage autorisé

Globalement, le comprimé a un effet pendant 24 heures. Pour toutes les pilules (sauf une), le décalage maximum autorisé est de 12 heures. Seule la pilule progestative au lévonorgestrel a un décalage autorisé de 3 heures seulement. La difficulté majeure de cette méthode est l'oubli : trouvez un moment de la journée associé à un geste quotidien (brossage des dents, réveil, téléphone…) et respectez cet horaire.

Conseils en cas d'oubli

Si l'oubli est de moins de 12 heures (ou 3 h pour la pilule au lévonorgestrel), prenez le comprimé et poursuivez normalement. Si l'oubli dépasse 12 heures (ou 3 h) :

Pilules œstroprogestatives à 21 comprimés + 7 jours d'arrêt

  • Prendre le comprimé oublié et continuer la plaquette comme d'habitude (deux comprimés le même jour n'est pas grave).
  • Prendre la pilule du lendemain en cas de rapports non ou mal protégés dans les 5 jours précédant l'oubli.
  • Préservatifs pendant les 7 jours suivant l'oubli.
  • Si l'oubli a lieu dans les 7 derniers comprimés, enchaîner directement la plaquette suivante (vous n'aurez peut-être pas vos règles, ce n'est pas grave).

Pilules en continu (21+7, 24+4, 26+2 placebos)

  • Prendre le comprimé oublié et continuer la plaquette.
  • Pilule du lendemain si rapports à risque dans les 5 jours précédents ; préservatifs pendant 7 jours.
  • Si l'oubli est dans les 7 derniers comprimés actifs, jeter les placebos et enchaîner directement la plaquette suivante (cela décale le jour de début).

Pilules progestatives

  • Décalage de 12 h (désogestrel) ou 3 h (lévonorgestrel).
  • Prendre le comprimé oublié, continuer la plaquette, pilule du lendemain si rapports à risque, préservatifs 7 jours, continuer à enchaîner les plaquettes.

Ne pas hésiter à faire un test de grossesse urinaire 15 jours après l'oubli (pas plus tôt). En cas de vomissements ou fortes diarrhées dans les 4 heures suivant la prise, reprendre rapidement un autre comprimé.

Modifier la date des règles & bilan

On peut enchaîner deux plaquettes pour éviter l'hémorragie de privation : ce n'est pas dangereux. Avoir une pilule du lendemain chez soi permet d'agir vite. Un bilan lipido-glucidique est demandé avant prescription en cas d'antécédents familiaux de diabète ou d'hypercholestérolémie. L'interrogatoire est fondamental avant une pilule œstroprogestative : antécédents familiaux de thromboses, phlébites, embolies pulmonaires, mutations de la coagulation. Un antécédent de thrombose est une contre-indication absolue. La HAS recommande en première intention une pilule de 2e génération (2 fois moins de thromboses veineuses que la 3e génération).

À savoir

  • La pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles ni du SIDA : l'association avec les préservatifs s'impose en cas de risque.
  • Fumer est dangereux sous pilule (risque de phlébite, embolie, AVC, infarctus). On ne prescrit pas de contraception hormonale aux fumeuses de plus de 35 ans.
  • Certains médicaments diminuent l'action de la pilule (antiépileptiques, traitements de la tuberculose, du VIH, et le millepertuis en phytothérapie).
  • Les renouvellements se font généralement pour 1 an.

L'anneau vaginal

Très bonne méthode, avec moins de risque d'oubli que la pilule. C'est un anneau souple et transparent de 54 mm de diamètre qui agit comme une pilule œstroprogestative minidosée en bloquant l'ovulation. Facile à mettre en place (le pincer en « 8 »), il n'est pas ressenti une fois en place et ne gêne pas le partenaire. On peut le retirer, pas plus de 2 heures d'affilée. S'il a été retiré plus de 2 heures, agir comme un oubli de pilule (le remettre, pilule du lendemain si rapports à risque dans les 5 jours, préservatifs 7 jours). La première fois, l'anneau est mis au début des règles pour trois semaines, puis une semaine sans anneau. Son coût est d'environ 15 € par mois. Les contre-indications sont les mêmes que pour la pilule œstroprogestative ; il n'est pas indiqué en cas de prolapsus.

Le patch

Patch de 20 cm² couleur beige, vendu par 3, contenant des hormones œstroprogestatives à dose équivalente à une minipilule. Il agit comme la pilule. On applique un patch par semaine, en débutant le 1er jour des règles, pendant 3 semaines consécutives, puis une 4e semaine sans patch. Il faut le poser sur une peau sèche, sans poils ni crème, jamais sur les seins. En cas d'oubli de le changer, la protection persiste 48 heures. S'il se décolle moins de 24 h, le remettre ; plus de 24 h, recommencer un cycle avec préservatifs 7 jours. Des réactions au site d'application sont possibles dans environ 17 % des cas.

L'implant

Contraception très efficace : un bâtonnet souple de la taille d'une allumette, posé sous la peau du bras. Il contient un progestatif (l'étonogestrel) qui bloque l'ovulation pendant 3 ans maximum (2 ans chez les femmes obèses). Posé par un médecin sous anesthésie locale, il est efficace immédiatement si posé au bon moment. Les contre-indications sont exceptionnelles car il ne contient pas d'œstrogènes. L'effet secondaire principal est l'apparition de saignements très variables ; dans 1/3 des cas, ils sont permanents et motivent une demande de retrait. Dès le retrait, les cycles habituels reviennent rapidement.

Le stérilet

Petit dispositif en plastique en forme de T, placé dans la cavité utérine ; c'est le moyen de contraception le plus utilisé au monde. Il existe deux sortes :

  • Le stérilet au cuivre : efficacité de 99 % pour 5 ans environ. Les règles peuvent être parfois plus longues et abondantes, surtout les 6 premiers mois.
  • Le stérilet à la progestérone : le cuivre est remplacé par un réservoir de progestérone libérée sur 5 ans. Une femme sur 3 n'aura plus de règles au bout de deux ans. Efficacité comparable à la minipilule œstroprogestative.

Le stérilet hormonal rend la glaire opaque et atrophie l'endomètre ; le stérilet au cuivre crée une inflammation empêchant la nidation. Un examen gynécologique est indispensable avant la pose, réalisée en fin de règles. Le retrait est très facile. Les contre-indications : grossesse, infections génitales, malformations utérines, allergie au cuivre. Le stérilet peut être posé chez des jeunes filles ou des femmes sans enfant. Le stérilet au cuivre peut servir de contraception d'urgence jusqu'à 5 jours après un rapport mal protégé.

Les spermicides

Commercialisés sous forme d'ovules, de crèmes ou d'éponges, ils contiennent du chlorure de benzalkonium qui détruit et immobilise les spermatozoïdes. À placer au fond du vagin juste avant le rapport (5 minutes minimum pour les ovules). Ne pas utiliser de savon dans les 2 heures précédant et les 4 heures suivant le rapport. Ils ne protègent pas des IST ni du SIDA. Efficacité de 85 % utilisés seuls, 99 % associés aux préservatifs.

Les injections hormonales

Méthode peu utilisée mais efficace : une injection de progestérone valable 3 mois, en intramusculaire. La tolérance est variable (absences de règles ou saignements fréquents). Le retour de la fécondité après l'arrêt peut prendre plusieurs mois (12 à 18 mois).

Le préservatif masculin

Il se place sur la verge en érection en pinçant le réservoir. À usage unique, en vente libre. Il existe différents modèles (longueurs, largeurs, épaisseurs). Il protège du SIDA et des autres IST (sauf de l'herpès et du papillomavirus). Son efficacité avoisine les 100 % s'il est d'utilisation rigoureuse à chaque rapport et associé à un spermicide. Précautions : ne pas l'ouvrir avec des ciseaux, respecter la date de péremption, le conserver à l'abri de la chaleur, ne pas associer de lubrifiant gras (toujours un gel à base d'eau). Une seule contre-indication : l'allergie au latex (il existe des préservatifs en polyuréthane).

Le préservatif féminin

En forme de fourreau tapissant les parois du vagin, avec un anneau intérieur et un anneau extérieur. Il est en polyuréthane, deux fois plus résistant que le latex, utilisable en cas d'allergie au latex. Il protège des IST et du SIDA. Contrairement au préservatif masculin, il peut se placer bien avant le rapport et n'a pas besoin d'être retiré juste après. À usage unique et de taille unique.

Le diaphragme

Une des premières méthodes modernes, vite supplantée par le préservatif. Coupelle en caoutchouc montée sur un anneau flexible, dont la taille est déterminée par le médecin. Il s'utilise avec une gelée spermicide, est réutilisable, et ne doit pas être retiré avant les 8 heures suivant le dernier rapport. Efficacité variable (60 à 80 %).

La cape cervicale

En silicone, elle s'applique directement sur le col de l'utérus après y avoir placé une noisette de spermicide. À laisser au minimum 6 heures après le dernier rapport, puis à jeter (non réutilisable). Efficacité de 60 à 95 % associée à un spermicide. Elle nécessite une consultation pour définir la taille et un apprentissage pour la mise en place. Elle ne protège pas des IST.

Le retrait

C'est l'homme qui en a la maîtrise : il se retire juste avant l'éjaculation. Le taux d'échec est important (seulement 70 % d'efficacité), à cause de l'émission incontrôlable de quelques gouttes de liquide spermatique avant l'éjaculation et de la difficulté de se retirer à temps. Une grossesse peut survenir même sans pénétration, si du sperme est déposé au niveau de la vulve.

Le calcul de température

Cette méthode repère l'ovulation à partir du décalage thermique dû à la progestérone. La température est prise le matin, à jeun, à la même heure, avec le même thermomètre. La période inféconde démarre le 3e jour de température haute et stable, jusqu'aux règles suivantes. La rigueur est de mise : l'interprétation peut être difficile en cas de levers nocturnes, de décalages horaires ou de fièvre. La méthode Billings (observation de la glaire) et le calcul des dates sont trop imprécis pour être utilisés seuls.

Comment choisir sa contraception

Les méthodes sont nombreuses : pour bien choisir, il faut consulter une personne compétente (gynécologue, médecin généraliste, sage-femme) afin de discuter de vos connaissances, antécédents familiaux, allergies, et de ce que vous avez déjà utilisé. La consultation avec le conjoint est conseillée. Si aucune contraception n'a été utilisée, il existe la contraception d'urgence.

La contraception d'urgence

Il existe deux pilules « du lendemain » : Norlevo et EllaOne. Elles ne remplacent pas une autre contraception et s'utilisent en cas d'urgence (rapport non protégé, préservatif qui craque, oubli de pilule). Constituée de progestérone, elle n'a quasiment aucune contre-indication et peu d'effets secondaires (nausées dans 25 % des cas, céphalées dans 16 %). À prendre au maximum dans les 5 jours suivant le rapport à risque pour EllaOne. En cas de vomissements dans les 3 heures, recommencer le traitement.

Son efficacité n'est jamais de 100 % : 98 % si le premier comprimé est pris dans les 12 heures, puis 95 % à 24 h, 85 % à 48 h, 60 % à 72 h, 35 % à 5 jours. Elle agit en inhibant ou retardant l'ovulation et en modifiant la muqueuse utérine ; elle ne peut pas interrompre une grossesse débutante. Norlevo coûte environ 8 €, remboursée sur ordonnance, gratuite pour les mineures ; EllaOne n'est délivrée que sur ordonnance. Le stérilet au cuivre peut aussi être proposé comme contraception d'urgence jusqu'à 5 jours après le rapport, avec une excellente efficacité (0,09 % d'échec).