Au quotidien

Le cycle menstruel

L'ensemble des phénomènes physiologiques qui préparent l'organisme de la femme à une éventuelle fécondation.

Article rédigé par le CNGOF à vocation d'information. Il ne saurait se substituer à un suivi régulier chez un gynécologue, seul gage de réponses personnalisées et adaptées.
Schéma du cycle menstruel
Sommaire

Le cycle menstruel est l'ensemble des phénomènes physiologiques de la femme préparant son organisme à une éventuelle fécondation. La durée habituelle du cycle menstruel est de 28 jours, mais il peut être plus long ou plus bref et n'est pas toujours régulier. Les émotions fortes, les voyages, entre autres causes, jouent un rôle significatif dans les modifications du rythme. Il commence à la puberté et se termine à la ménopause.

Théoriquement, le cycle menstruel est simplement la période des pertes sanguines, mais la description du cycle menstruel comprend aussi le cycle ovarien, passage du follicule primaire à l'ovulation et au corps jaune qui délivre la progestérone. Durant le cycle menstruel, la muqueuse utérine s'épaissit en vue d'accueillir un embryon. Dans le même temps se produit le cycle ovarien, pendant lequel une cellule sexuelle féminine, ou ovocyte, mûrit en vue d'une fécondation.

Par convention, le premier jour du cycle correspond au premier jour des règles. La croissance de l'endomètre recommence dès le 5e jour et se poursuit pendant tout le cycle : de 0,5 mm à la fin de la menstruation, il passe à 3 mm au moment de l'ovulation pour atteindre 5 mm au 28e jour du cycle.

Les phases du cycle

Phase de desquamation (J1 à J4) — les règles

Celles-ci durent entre deux et huit jours, en moyenne cinq jours. Elles sont dues à une chute du taux d'hormones envoyées par les ovaires, qui déclenche le détachement de la muqueuse utérine interne et l'écoulement sanguin.

  • Il se produit une chute des taux plasmatiques d'œstrogènes et de progestérone, due à la dégénérescence du corps jaune, qui provoque un affaissement de la zone fonctionnelle de l'endomètre avec une ischémie (due aux contractions rythmiques des artérioles) entraînant une nécrose des glandes, du chorion et des vaisseaux responsable de la menstruation.
  • Il ne reste plus que la zone résiduelle, épaisse de 0,5 mm, qui persiste avec quelques culs-de-sac glandulaires ouverts dans la cavité utérine et des petits vaisseaux.

Phase de régénération (J5 à J8)

  • La sécrétion de 17-bêta-estradiol stimule la croissance de l'endomètre à partir des culs-de-sac glandulaires ; l'épithélium de surface se reforme, les glandes s'allongent un peu, ainsi que les artérioles ; les mitoses sont nombreuses dans l'épithélium de surface, les glandes et le chorion.

Phase de prolifération (J9 à J14)

  • La muqueuse continue sa croissance ; les glandes et les artères s'allongent plus vite que le chorion, ce qui entraîne une légère sinuosité des glandes et un début de spiralisation des artères en profondeur ; les cellules épithéliales augmentent de hauteur et ont un pôle apical clair.

Phase de transformation glandulaire (J15 à J21)

  • Phase de sécrétion débutante : sous l'action combinée des œstrogènes et de la progestérone, les glandes deviennent plus longues et plus sinueuses, la spiralisation des artérioles s'accentue ; la progestérone provoque la sécrétion de glycogène au pôle basal des cellules, les noyaux sont donc en position médiane, voire apicale.

Phase de sécrétion glandulaire (J22 à J28)

  • Les glandes deviennent très contournées, la lumière glandulaire étant déformée par des pointes ou épines conjonctives du chorion ; le glycogène a gagné le pôle apical et est excrété hors de la cellule : c'est la phase de sécrétion-excrétion ; les artérioles atteignent leur spiralisation maximale ; les artérioles ont une longueur 10 fois supérieure à l'épaisseur du chorion.

Ce cycle est contrôlé par des hormones. Schématiquement, on note deux phases : la phase folliculaire, qui correspond à la croissance d'un ovocyte jusqu'à l'ovulation, et la phase lutéale, qui se situe après l'ovulation. La connaissance du cycle menstruel est importante pour aborder l'étude des troubles de la menstruation et pour explorer la fertilité.

Le contrôle hormonal

La commande première vient de l'hypothalamus relié à l'hypophyse, glande située à la base du crâne. Certains neurones de l'hypothalamus libèrent une hormone, la gonadolibérine ou GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone), de façon pulsatile, dans le système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire, contrairement aux neurones classiques qui libèrent des neurotransmetteurs au niveau des synapses. La GnRH provoque la sécrétion hypophysaire (par des cellules glandulaires de l'antéhypophyse) de deux hormones gonadotropes ou gonadotrophines, la FSH (Follicle Stimulating Hormone) et la LH (Luteinizing Hormone) ; les variations du taux plasmatique de ces hormones au cours du cycle définissent le cycle hormonal hypophysaire.

  • La FSH, hormone folliculo-stimulante, indispensable au développement des follicules gamétogènes, assure la maturation d'un follicule par cycle, le follicule de De Graaf, et détermine, avec la LH, l'installation de la fonction endocrine des follicules au stade préantral.
  • La décharge plasmatique d'une forte dose de FSH et surtout de LH déclenche l'ovulation, qui a lieu 36 heures après le début de la montée du pic ovulatoire.
  • La LH, hormone lutéinisante, permet la formation du corps jaune lors de la 2e phase du cycle et est responsable de la transformation des cellules de la granulosa en grandes cellules lutéales (lutéinisation), source de la progestérone.
Les cycles ovarien et utérin

Les cycles

Cycle ovarien

Le cycle ovarien comprend la reprise de l'ovogenèse (l'ovocyte I à 2n chromosomes est bloqué au stade de la prophase de la 1re méiose depuis la vie fœtale), les sécrétions hormonales ovariennes indispensables à l'ovulation, aux modifications utérines pour la fécondation et la préparation de l'endomètre à la nidation. Le fonctionnement endocrine et exocrine de l'ovaire a comme support anatomique le follicule ovarien, qui varie lui aussi de façon cyclique.

Les ovaires sécrètent des hormones, la progestérone et les œstrogènes. Ceux-ci, libérés à partir du cinquième jour, permettent à la muqueuse utérine de s'épaissir. Pendant ce temps, dans un des deux ovaires, un des milliers d'ovocytes présents depuis la naissance grossit à l'intérieur d'un follicule dont les cellules se multiplient en plusieurs couches concentriques. Il existe trois cycles dans l'ovaire : le cycle folliculaire, le cycle exocrine correspondant à la reprise de l'ovogenèse, et le cycle endocrine.

Cycles folliculaires (ou prolifératif)

Les follicules sont contenus dans le stroma cortical. Il existe deux types de follicules : les follicules évolutifs ou gamétogènes, dont un seul par cycle atteindra la maturité (follicule de De Graaf) qui pondra un ovocyte 2, et les follicules involutifs qui dégénèreront. Il existe différents types de follicules évolutifs correspondant à des stades de maturation progressive ; ce sont chronologiquement le follicule primordial, le follicule primaire, le follicule secondaire, le follicule tertiaire (préantral puis cavitaire) et le follicule mûr ou follicule de De Graaf. Chaque follicule contient un ovocyte de premier ordre ou ovocyte I (2n chromosomes) bloqué au stade de la prophase de la 1re méiose.

Follicule primordial

Très petit (40 à 50 micromètres), formé d'une mince coque contenant l'ovocyte I ; le noyau ovocytaire volumineux a un aspect quiescent ; la coque folliculaire est formée d'une seule couche de cellules épithéliales aplaties, les cellules folliculeuses, entourées par une membrane basale épaisse.

Follicule primaire

Il diffère du follicule primordial par l'aspect des cellules folliculeuses, qui sont devenues cubiques.

Follicule secondaire (ou préantral)

Il se caractérise par la formation d'une 2e assise cellulaire, puis par une augmentation continue du nombre des cellules folliculeuses constituant la granulosa ; parallèlement, l'ovocyte I augmente de volume (de 40 à 60 micromètres) et s'entoure d'une enveloppe glycoprotéique, la zone pellucide.

Follicule tertiaire (ou antral)

Il se caractérise par l'apparition de la cavité folliculaire ou antrum dans la granulosa. Les cellules de la granulosa entourant l'ovocyte constituent le cumulus oophorus. Le tissu conjonctif présent autour du follicule s'est différencié en une thèque interne bien vascularisée, avec de grandes cellules riches en lipides qui produiront des hormones, et une thèque externe contenant de gros vaisseaux.

Follicule de De Graaf

Le follicule de De Graaf, ou follicule préovulatoire, ou follicule mûr, a atteint son volume maximal (2 cm) ainsi que l'ovocyte I (120 micromètres) ; il fait saillie à la surface de l'ovaire qu'il déforme et amincit au niveau d'une petite plage translucide, le stigma, sous l'action d'une décharge plasmatique des gonadotrophines hypophysaires, la FSH et la LH.

L'ovulation

Au quatorzième jour du cycle menstruel, en moyenne, le follicule éclate ; il libère l'ovocyte mûri, devenu ovule, qui quitte l'ovaire pour être happé par la trompe correspondante. S'il est fécondé par un spermatozoïde, l'ovule devient une cellule-œuf puis un pré-embryon et migre dans l'utérus. Une fois fixé dans l'utérus, l'embryon envoie des signaux hormonaux au follicule éclaté, devenu corps jaune, qui à son tour fabrique des hormones pour bloquer les règles. La grossesse commence alors.

Le corps jaune

La ponte ovulaire a lieu 36 heures après le pic ovulatoire. Le follicule de De Graaf, vidé de son contenu, s'affaisse et se plisse ; c'est le follicule déhiscent qui va se transformer en corps jaune. La membrane de Slavjanski disparaît, laissant pénétrer les capillaires des thèques dans la granulosa, ce qui entraîne une transformation des cellules folliculeuses : elles augmentent considérablement de volume, s'enrichissent en lipides et sécrètent un pigment légèrement jaune, la lutéine, responsable de la teinte du corps jaune : c'est le phénomène de lutéinisation.

L'absence d'implantation va signifier au corps jaune sa fin de vie, et il va entrer dans un processus de dégénérescence pendant les 14 jours restants après l'ovulation. Au 28e jour, il adopte une forme de cicatrice (s'il n'y a pas eu implantation) et prend le nom de corpus albicans (corps blanc), ce qui signifie la perte de la fonction endocrine. S'il n'y a pas fécondation, le corps jaune dégénère. Le cycle se termine au vingt-huitième jour. Le cycle suivant s'amorce avec le début de nouvelles règles.

Ovaire exocrine et endocrine

L'ovaire exocrine correspond à la reprise de l'ovogenèse sous l'action de l'estradiol. Pour l'ovaire endocrine :

  • Les cellules de la thèque interne, sous l'action de la LH, synthétisent des androgènes. Ces androgènes sont transformés en œstrogènes par l'action d'une aromatase synthétisée par les cellules folliculaires sous l'effet de la FSH.
  • Les cellules folliculaires sécrètent aussi une hormone polypeptidique, l'inhibine, qui exerce un rétrocontrôle négatif sur la sécrétion de FSH, particulièrement dans la deuxième moitié de la phase pré-ovulatoire, ce qui serait une des causes de l'involution des follicules.
  • Le follicule dominant, plus riche en récepteurs à FSH, est le seul à continuer sa maturation et deviendra le follicule de De Graaf.
  • Lorsque l'estradiol se maintient à un certain taux pendant 48 heures, il y a un rétrocontrôle positif sur la sécrétion de LH déclenchant le pic de LH.
  • Ce pic de LH, ou décharge ovulante, est le responsable direct de l'ovulation.

Cycle utérin — au niveau du col

Deux modifications sont sous la dépendance des hormones ovariennes : le tonus musculaire variant en fonction du cycle, et la composition de la glaire cervicale sécrétée par les cellules glandulaires du col utérin.

  • Phase pré-ovulatoire : peu importante au début du cycle, la glaire devient de plus en plus abondante et « filante » sous l'effet des œstrogènes, jusqu'à la phase ovulatoire.
  • Phase ovulatoire : au moment de l'ovulation, elle est particulièrement limpide car riche en eau, sa filance est maximale, son pH alcalin et le réseau de mailles est très large et étiré longitudinalement : toutes ces conditions favorisent la survie des spermatozoïdes et leur franchissement du col.
  • Phase post-ovulatoire : sous l'effet de la progestérone, le mucus cervical se coagule et forme, contre les agents microbiens, une barrière physique et biochimique, notamment par son pH alcalin et par le lysozyme.

Vagin

Le contenu vaginal est composé de la glaire cervicale, de l'exsudation aqueuse, des cellules vaginales desquamées et de cellules inflammatoires ; il est normalement riche en glycogène. La flore saprophyte la plus fréquente est la flore lactique formée de lactobacilles, les bacilles de Döderlein, qui ont la propriété de transformer le glycogène en acide lactique, responsable de l'acidité du milieu vaginal.

Régulations hormonales

Pendant la deuxième moitié du cycle précédent, le taux élevé d'œstradiol et de progestérone, agissant via l'axe hypothalamo-hypophysaire, supprime la production de FSH et de LH par la glande pituitaire. La production déclinante d'estradiol et de progestérone par le corps jaune à la fin du cycle élimine cette suppression et le taux de FSH augmente.

Les follicules nécessitent un seuil de FSH au-dessous duquel aucune stimulation ne se produit. Initialement les valeurs de FSH sont inférieures à ce seuil, mais elles augmentent lentement jusqu'à ce que le seuil soit franchi et qu'un groupe de follicules soit stimulé. Plusieurs jours de croissance sont nécessaires avant que les follicules commencent à produire l'œstradiol qui atteint l'hypothalamus pour fournir le signal indiquant que le seuil a été atteint. Le taux maximum de FSH est seulement de 20 % au-dessus du seuil ; un contrôle rétroactif précis par les œstrogènes est donc essentiel pour éviter que trop de follicules soient stimulés.

Proche de l'ovulation, le follicule dominant produit rapidement des taux croissants d'œstradiol. Cette hormone stimule la production de glaire cervicale et supprime la production de FSH, qui passe sous la valeur seuil, retirant ainsi l'apport nécessaire aux autres follicules. La chute du taux de FSH rend le follicule dominant réceptif à la LH. Le taux élevé d'œstradiol active un mécanisme rétroactif positif dans l'hypothalamus qui entraîne une décharge massive de LH : c'est le déclic qui initie l'ovulation, généralement 24 à 36 heures après son commencement.

Après l'ovulation, le follicule rompu est transformé en corps jaune et la production de progestérone augmente rapidement en même temps que celle d'œstradiol. La disparition du corps jaune (aux environs du 26e jour), en cas de non-fécondation, provoque l'arrêt de la synthèse de progestérone et induit la desquamation d'une partie de l'endomètre sur une période de 3 à 5 jours, caractérisée par des saignements. Le premier jour des règles est aussi le premier jour du nouveau cycle.

Explorations du cycle menstruel

Observation de la glaire cervicale

  • En phase folliculaire débutante (avant l'ovulation), la glaire présente un maillage étroit ; l'orifice externe du col est fermé.
  • En phase pré-ovulatoire, sous l'influence des œstrogènes, la glaire est lâche, transparente, son abondance et sa filance augmentent, ce qui permet l'ascension des spermatozoïdes ; l'orifice externe du col est ouvert.
  • En phase lutéale, sous l'influence de la progestérone, la glaire devient moins abondante et sa viscosité augmente.

Prise de la température

Il existe des variations thermiques au cours du cycle ; le relevé quotidien permet d'établir une courbe ménothermique. Lors de l'ovulation, la température corporelle augmente d'à peu près 0,5 °C ; cette montée n'est pas prédictive d'une ovulation, mais permet, avec retard, d'affirmer qu'il y a eu ovulation. Les saignements apparaissant à l'arrêt de la contraception œstro-progestative (pilule classique) n'ont aucun rapport avec la menstruation physiologique : il s'agit d'une hémorragie de privation, par chute brutale du taux des hormones dans le sang.

Incidents du cycle menstruel

Il peut se produire des cycles avec règles mais sans ovulation. Il arrive aussi que l'ovulation se déclenche à une date imprévue : ne vous fiez donc pas au calcul des quatorze jours après le début des règles pour savoir quand vous êtes fécondable ! En cas d'anorexie mentale ou de poids très faible, il est fréquent que les règles disparaissent.